La preuve de l’immunité collective en quelques graphiques

Il n’y a strictement plus aucune bonne raison de confiner, en France

Le confinement cause des dégâts économiques majeurs et des ravages sur la santé mentale des Français.

Les avantages ? Il n’y en a aucun, en ce moment.

Sur LCI, le journalise David Pujadas a eu l’honnêteté de l’expliquer clairement.

Regardez la vidéo, elle dure 2 minutes et en vaut la peine : https://www.youtube.com/watch?v=Po1cGksY40c

Son premier argument est celui-ci : le pic des contaminations a eu lieu le 2 novembre, soit le 4ème jour seulement du confinement.

Impossible, donc, que la baisse puisse être causée par le confinement, qui prend toujours plus de temps à faire son œuvre.

Il suffit de regarder ce qui s’est passé en mars-avril dernier : le confinement n’a absolument pas enrayé l’épidémie, qui a mis encore plus de 2 semaines à atteindre son pic :

D’ailleurs, déjà au printemps dernier, il n’y avait pas de preuve que la décrue était seulement liée au confinement.

Car la Suède a aussi atteint son pic épidémique à peu près au même moment, en avril, alors qu’elle a refusé de confiner sa population ! En voici la preuve, avec le nombre de morts de mars à juillet en Suède :

Donc, ce n’est pas le confinement qui explique le recul spectaculaire du nombre de cas et d’hospitalisations.

Du coup, certains au gouvernement aimeraient nous faire croire que cette décrue est liée au couvre-feu.

C’est assez étrange d’imaginer qu’une mesure aussi « faible » pourrait avoir un impact aussi fort.

Mais si vous aviez un doute, sachez que la baisse a été la même dans les communes frappées par le couvre-feu et dans celles qui n’étaient pas concernées !

Donc, le couvre-feu n’y est pour rien.

Alors pourquoi cette baisse ? D’où vient-elle ?

Et d’ailleurs, pourquoi étions-nous nombreux à l’avoir anticipée, en disant que reconfiner était inutile ?

La raison tient en deux mots : immunité collective.

Regardez ce qui se passe dans le grand Est et en Ile de France

Si cette deuxième épidémie ne m’a jamais inquiétée, c’est parce que j’avais les yeux rivés sur ce qui se passait en Ile de France et dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées en mars-avril.

Or depuis le début de l’automne, je vois que les chiffres sont bons, dans ces deux régions.

La semaine dernière, le Canard Enchaîné a fini par publier un article sur ce phénomène :

« En octobre, avant même le couvre-feu et le reconfinement, les experts avaient constaté que le nombre d’infections et d’hospitalisations augmentait moins vite en Ile de France que presque partout ailleurs sur le territoire.

La capitale et sa banlieue affichaient alors des taux d’incidence du virus presque deux fois inférieurs à ceux de Lyon, des deux Savoie ou de Saint-Etienne, qui avaient été pratiquement épargnés au printemps ».

Et le journal enfonce le clou :

« Le phénomène s’est révélé plus frappant encore dans Paris intra-muros, qui, avec la Seine-Saint-Denis, a été la zone francilienne la plus touchée en mars et en avril.

La baisse atteignait déjà 20 % le 2 novembre, et le phénomène continue depuis dans la ville la plus dense d’Europe, terrain de jeu idéal pour le coronavirus.

La diminution, en revanche, apparaît plus faible au sein de la grande couronne moins peuplée et moins atteinte au printemps. »

Sans immunité collective, Paris, dense et très peuplée, aurait dû être lourdement frappée par la deuxième épidémie.

Et pourtant, ce n’est pas le cas. A l’inverse, les départements d’Ile-de-France moins touchés par l’épidémie au printemps auraient dû être davantage épargnés… et c’est le contraire qui s’est produit !

Selon le Canard enchaîné, même le Pr Delfraissy, le très pessimiste président du Conseil scientifique, commence à envisager sérieusement l’hypothèse de l’immunité collective.

Mais pour moi, c’est plus qu’une hypothèse : c’est la seule explication possible à ce qu’on observe.

Regardez bien la forme des courbes d’hospitalisations en Ile de France et le grand Est, entre mars et aujourd’hui :

A gauche, on voit le pic épidémique de mars-avril, et à droite, une vague trois fois moins haute à l’automne.

C’est le signe clair que ces deux régions largement touchées au printemps sont désormais relativement protégées contre une explosion des hospitalisations.

Maintenant, regardez ce qui s’est passé en Rhône-Alpes et PACA, deux régions beaucoup moins touchées au printemps : c’est l’inverse !

Dans ces deux régions épargnées au printemps, la deuxième épidémie a causé deux fois plus d’hospitalisations que la première !

On ne peut pas avoir meilleure preuve de l’immunité collective.

Et la bonne nouvelle, c’est que le virus a désormais circulé largement, partout en France.

Donc si on a une troisième épidémie en janvier prochain ou en octobre 2021, l’impact à attendre dans tout le pays sera logiquement encore plus faible que celui, très modéré, qu’on observe en ce moment en Ile-de-France et dans le grand Est.

Même phénomène entre la Suède et la République Tchèque

On observe les mêmes courbes inversées entre la Suède, qui n’a jamais confiné, et la République tchèque, qui s’est barricadée en mars-avril.

En Suède, la deuxième épidémie fait peu de morts en ce moment, parce que l’immunité collective a commencé à jouer.

En République tchèque, au contraire, le pays a réussi à étouffer dans l’œuf l’épidémie au printemps, en fermant radicalement ses frontières… mais n’a rien pu faire à l’automne :

Vous noterez au passage qu’en Suède comme en République tchèque, la décrue de l’automne a commencé à peu près au même moment, comme dans tous les pays européens.

Alors que ces pays ont des politiques de confinement et de masque très différentes !

Confinement ou pas confinement, l’épidémie est en décrue partout en Europe

Même chose en Belgique : là-bas, la décrue est spectaculaire, et ne peut pas être liée au confinement, qui a été décidé après le pic épidémique :

Et on observe le même phénomène dans les grandes capitales européennes, à Londres ou Rotterdam.

Conclusions : RÉ-OUVRONS LE PAYS, VITE !

Tout ceci montre deux choses assez clairement :

  1.  Les mesures comme le confinement ne peuvent pas grand-chose sur la dynamique de l’épidémie. Il est donc inutile de confiner, et il faut arrêter le massacre tout de suite.
  2. Et surtout, on peut être très optimiste pour la suite !

Avec cette deuxième épidémie, les régions françaises comme PACA et Rhône-Alpes sont désormais au moins aussi bien « protégées » que l’Ile de France ou le Grand Est !

Cela veut dire qu’en cas de recrudescence prochaine, le système hospitalier ne sera pas engorgé – comme il a bien résisté cet automne à Paris, en Seine-Saint-Denis ou en Alsace.

Il n’y a donc plus AUCUNE raison de priver les Français de leurs libertés fondamentales.

Et il n’y a plus AUCUNE raison de vouloir les vacciner massivement, encore moins de force.

Mais évidemment, vu les milliards déjà dépensés pour les vaccins, et le lobbying de Big Pharma, cela va causer de grosses tensions dans les mois qui viennent.

On en reparle très bientôt.

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37 commentaires

Tranchessec 25 novembre 2020 - 18h44

Bonjour je pense qu’il a oublié tout les décès Annuels à cause du tabac 75000 morts la route. 3000 morts alcool 41000 morts le cancer 150000 morts et tout les ans en augmentation.

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FAUVELLE 25 novembre 2020 - 19h08

ELIZABETH
bonjour
Je me permets de reprendre les écrits forts pertinents des commentaires précédents
– « Bref, vous êtes contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, systématiquement. Cela devient caricatural et vous y perdez en crédibilité! Quels que soit le camp ou l’on est, les thèses que l’on défend, l’outrance n’est jamais gage de savoir ! »
-« L’écriture est aisée, mais gouverner est difficile! Je pense que la France a fait le maximum pour aider les français, personne n’est parfait, surtout avec la Covid a combattre… »
-« Donc permettez moi de réfuter – en bloc – tous vos arguments et de ne pas propager de telles infos sans aucune preuve
scientifique, merci »
-« Il fut un temps ou je vous accordais du crédit et suivais vos Informations avec intérêt. Et puis cela a changé. »

Et moi je vais plus loin encore : vos dernières lettres ont des signaux qui m’alertent et font penser au complotisme, je commence à me demander si je ne vais pas résilier mon abonnement auquel pourtant je tenais pour ses approches naturalistes et anti big pharma !

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SEROT Benoit 25 novembre 2020 - 21h46

il faut vendre les stocks de masques et de tests peut-être ! allez savoir, il y a si peu de conflits d’intérêts chez nos décideurs !

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SEROT Benoit 25 novembre 2020 - 21h48

les conflits d’intérêts concernent nos décideurs; il y des stocks de masques et de tests…..

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Michel Haond 26 novembre 2020 - 9h39

Je ne comprends pas cet aveuglement irrationnel alors que les chiffres et les dates montrent clairement les effets du contrôle des événements sociaux (qu’on appelle confinement). C’est vrai chez nous et c’est vrai ailleurs (y compris en Suede…).

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DEVAUX 25 novembre 2020 - 22h37

Bonjour,
L’explication est plausible, mais alors comment expliquer ce qui se passe en chine par exemple ? Si on est proche d’une auto immunité avec 50000 morts pour 70 millions d’habitants, il y aurait du avoir prés de 500 000 morts en chine . Le ratio est simpliste, j’en conviens, mais l’ordre de grandeur de plusieurs centaines de milliers de morts devrait être plausible, or il n’y a pas du tout de ratio.
Merci d’avance pour votre propre explication

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DEVAUX 25 novembre 2020 - 23h08

La seule conviction que j’ai – avis très personnel qui n’engage que moi – concernant cette crise sanitaire, c’est que le monde mondialisé est bien incapable de réagir de façon mondialisée pour tirer le bénéfice que pourrait nous apporter une coopération au niveau mondial. Avec presque un an de recul et des données mondiales, variées et nombreuses , que de dispersions dans les analyses des uns et des autres !!! Data analyste en informatique, je n’ai que 2 explications rationnelles : Chacun tire les conclusions qui l’arrange au niveau national OU le nombre de données est proportionnellement faible, trop pour en déterminer un ou des axes comportementaux du virus par rapport à l’homme. Dire que les personnes âgées ou déjà affaiblies sur le plan de la santé sont plus exposées, on savait le dire avant la COVID19. La nature a toujours éliminé les plus faibles ! Quant à tirer d’autres conclusions avec 50 000 décès sur 70 000 000, soit moins de 1 pour 1000, statistiquement parlant, c’est peu, d’autant plus qu’une proportion importante tombe dans la règle de base : La nature élimine les plus faibles. Combien parmi ces 50 000 seraient décédés d’une autre maladie – hors accident – sans la Covid ? je n’ai pas vu de statistiques à ce propos.
En synthèse, on peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres disponibles sans avoir tort… ni raison. Proportionnellement, on dispose d’encore assez peu de données vue le nombre de paramètres de l’équation, d’autant plus qu’on ne partage pas ces données au niveau mondial ! Que certains en usent, je laisse chacun en juger.

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Hannibal 26 novembre 2020 - 18h32

A ceux pour qui les mesures draconiennes mises en place apparaissent comme une évidence quand à la diminution de l’épidémie :

https://www.lci.fr/population/video-virus-les-mysteres-de-la-deuxieme-vague-2170491.html

https://ourworldindata.org/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&time=2020-03-01..latest&country=IND~USA~GBR~CAN~DEU~JPN~CHE~SWE~ITA~NLD~FRA~ESP~FIN~KOR&region=World&testsMetric=true&interval=smoothed&perCapita=true&smoothing=7&pickerMetric=new_cases_per_million&pickerSort=desc

J’aimerai bien connaître le nombre de cycles moyens des tests utilisés en temps réel aussi. En dehors du nombre de morts, testés au coronavirus, quelle est leur sociologie ? Certaines personnes, souffrantes, ou malades mais qui s’ignorent, ne pourraient-elles pas faire partie des victimes imputées au covid faute d’une prise en charge en temps et en heure, et le contrecoup ne pourrait-il pas se matérialiser au bout de quelques mois ?

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Le Camembert Masqué 26 novembre 2020 - 23h50

Cher Monsieur,
Vous nous dites que les confinements ne sont pas à l’origine des baisses des contaminations, lors des flambées de cas de COVID19 des mois de Mars-Avril, puis d’Octobre-Novembre.
Vous nous indiquez ce que vous pensez être la véritable cause de ces baisses : L’IMMUNITE COLLECTIVE !!
Commençons par décrire ce qu’est l’immunité collective (Vous ne le faites pas dans votre communication) :
Ce phénomène est observé dans toutes les épidémies à propagation rapide, pour lesquelles il n’existe pas de traitement efficace. Elle a notamment été observés lors de l’épidémie de grippe espagnole.
Le principe de ce phénomène est le suivant : Toutes les personnes malades développent des anticorps. Ceux ci guérissent (à plus de 99% dans le cas du COVID19) conservent ces anticorps durant le reste de leur vie. S’ils subissent une nouvelle attaque virale, ces anticorps neutralisent les virus avant qu’ils ne puissent suffisamment se répliquer. L’ancien malade est immunisé.
Lorsque une portion suffisante de la population est immunisée, la probabilité qu’un malade établissent un « contact » contaminant avec une autre personne est assez basse, pour qu’il y ait moins de nouvelles contaminations que de personnes sortant de la maladie (par la guérison ou le décès). L’épidémie régresse, et ce … de façon définitive.
Si l’établissement de l’immunité collective durant les mois de Mars-Avril expliquait la décrue alors observée, alors le nombre de personnes contaminées aurait dû baisser continuellement…
De plus, l’immunité collective nécessite qu’une portion importante de la population ait été malade (Plus de 80% pour le COVID19, particulièrement contagieux, nous disent les épidémiologistes). Avec 2-3% des malades atterrissant en services de réanimation, ceux ci auraient dû accueillir environ … 1 million à 1,5 million de patients. Je ne crois pas que cela ait été le cas (largement moins de cent milles personnes ont transité dans ces services, durant les 2 mois de Mars-Avril).

Bref, je ne crois pas que cette immunité collective explique la baisse de l’épidémie de Mars-Avril, ni celle de ces mois d’Octobre-Novembre.
Certe, l’immunité collective partielle établie dans la Région Parisienne et le Grand-Est. est sans doute à l’origine de leur montée moins rapide lors de la 2nde flambée épidémiologique en Octobre-Novembre comparativement à celle de Mars-Avril.

Pour revenir à l’épidémie de grippe espagnole, on estime le nombre de victimes à 250 milles dans une France alors presque 2 fois moins peuplée qu’actuellement…

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dapeq 28 novembre 2020 - 11h48

Bonjour.

Je reprends votre article du 25/11/20 « La preuve de l’immunité collective en quelques graphiques ».

1/ Une contradiction s’est glissée entre deux de vos affirmations initiales :
a/ mars-avril : « le confinement n’a absolument pas enrayé l’épidémie, qui a mis encore plus de 2 semaines à atteindre son pic »
b/ novembre : « le pic des contaminations a eu lieu le 2 novembre, soit le 4ème jour seulement du confinement »
Autrement dit, le confinement est inefficace (a) en mars parce que le pic n’a été atteint que plus de 2 semaines après (trop long) et (b) en novembre parce que le pic n’a été atteint que 4 jours après (trop court).
Quel serait donc, selon vous, le nombre de jours validant l’efficacité du confinement ? Il est permis de douter que ce nombre existe si vous campez sur l’a priori que le confinement est inutile.
Mais une correction vient ici à point nommé : en France, le pic des nouveaux cas de contamination par jour de la 2e vague, environ 60k (moyenne glissante sur 7 jours), s’est produit le 9 nov et non le 2 nov (source : https://www.worldometers.info/coronavirus/), c-à-d 11 jours après le début du 2e confinement.

2/ La comparaison entre vos deux graphiques initiaux n’a guère de sens, puisque le premier donne un nombre de contaminés (France) et le deuxième un nombre de décès (Suède) par Covid. À part le fait que ces deux graphiques ne sont pas comparables (et ne se ressemblent d’ailleurs guère), il y a deux points à noter :
a/ Les statistiques de contaminés en France au printemps sont excessivement sujettes à caution, disons inutilisables, compte tenu de la rareté et de l’inhomogénéité (géographique et temporelle) des tests.
b/ On cite souvent le cas de la Suède, qui, n’ayant pas opté pour le confinement total (mais pour des conseils de prudence, destinés à une population éclairée), n’a subi qu’un nombre de décès équivalent à celui de la France ou d’autres pays européens. Méfions-nous de cette comparaison. Le statut des pays nordiques (conditions de vie, mode de vie, santé, éducation, comportement, discipline, climat, isolement, etc.) se distingue du reste de l’Europe. Au printemps, la mortalité Covid des pays voisins comparables (Norvège, Finlande, Pays Baltes), qui ont adopté des mesures plus conséquentes, est environ dix fois plus faible que celle de la Suède. Il ne serait peut-être pas stupide de rapprocher ce facteur 1/10 du rapport, également d’environ 1/10, entre le nombre effectifs de décès en France et le nombre « prédit » en cas de non-confinement (par des experts que bien des adeptes du supracrépidisme(*) prennent un peu facilement pour des ânes).

[(*)Supracrépidisme : décrit l’attitude consistant à donner son avis dans un domaine qui n’est pas le sien]

3/ Dans la foulée, vous concluez : « Donc, ce n’est pas le confinement qui explique le recul spectaculaire du nombre de cas et d’hospitalisations ». On continue à mélanger les torchons et les serviettes : d’abord les contaminés, puis les morts, et maintenant les hospitalisés.

Immunité collective ?

Elle va jouer un rôle croissant, que tout le monde attend avec impatience. Malheureusement, à l’échelle de la planète, le nombre de cas identifiés et le nombre de morts continuent à croître — 600k et 10k /jours respectivement (moyennes glissantes sur 7 jours) — et le rapport de ces deux nombres, 1/60 (soit 100M morts si on extrapolait à la population entière), même s’il est très substantiellement surévalué, est préoccupant puisqu’une immunité collective (sans le secours de vaccins) requerrait au moins 60% de contaminés avant d’être effective.

« Si cette deuxième épidémie ne m’a jamais inquiétée », dites-vous, serait-ce parce que, selon vous, la mort de quelques dixièmes de pourcent de la population est insignifiante ? Ne restez pas, comme vous le faites, « les yeux rivés » sur des courbes. « Les chiffres sont bons » ici ou là en novembre, dites-vous, mais en fin de compte, pour un mort du Covid ou pour son entourage, faire partie d’un pic plus petit n’est qu’une assez maigre consolation. On peut d’ailleurs douter (si vous n’êtes pas qu’un zombie d’internet) que vous-même soyez de ceux qui négligent le confinement et les gestes barrière. Oui, les contraintes que nous subissons inégalement engendre de la rancœur et parfois une grande détresse. Mais étaler complaisamment votre « je vous l’avez bien dit » est irresponsable. Un ego surdimensionné vous dicte de caresser dans le sens du poil ceux qui sont tentés de tourner le dos au principe de réalité, préférant le « vivre sans entrave » et le « tout, tout de suite ».

Hospitalisations IdF et GE : « vague trois fois moins haute à l’automne », selon vous ? Mais, plus que le pic, l’important est le nombre total d’hospitalisations, qui est proportionnel au produit de la hauteur du pic par sa largeur à mi-hauteur, soit (courbe verte) 11.0×3.8 au printemps et 4.4×6.2 (6.2 encore approximatif), soit un rapport 1.5 plutôt que 3.
Hospitalisations RA et PACA : « deux fois plus haute » ? 4.6×3.6, 8.0×5.0, soit un rapport 1/2.4 ; OK, 2e vague même plus de deux fois plus haute.
L’écart entre les pics d’une région à l’autre est donc de 1.5×2.4, soit un facteur 3.6.
Vous n’envisagez que l’immunité collective pour expliquer cette différence, mais il en existe d’autres : (1) les compétences acquises localement dans les traitements au cours de la 1ère vague, (2) les différences dans les prises en charge — médecine de ville (de plus en plus efficace) au lieu de l’hospitalisation, sans oublier (3) les différences de comportement et de situation au jour le jour selon les gens, compte tenu de la nature très différente du confinement d’une vague à l’autre.
Ainsi, durant la 2e vague, les marseillais se sont particulièrement précipités à l’hôpital dès les premiers symptômes pour profiter du « traitement miracle » précoce à la chloroquine, alors en vogue dans cette région. Le nombre de décès Covid par habitant du 18/10 au 26/11 à Marseille (Bouches du Rhône en pratique) par rapport à Paris est de 1.5 (source : https://www.coronavirus-statistiques.com/stats-departement/), donc inférieur au rapport 2.4 du nombre d’hospitalisation. Comparer les nombres de décès plutôt que les hospitalisations tend donc à réduire l’écart entre Marseille et Paris concernant la 2e vague (N’allez pas nous vendre que cela tiendrait à une meilleure prise en charge à Marseille). L’immunité est loin de tout expliquer. Il est indécent de déclarer « confinement ou pas confinement, l’épidémie est en décrue partout en Europe » en faisant fi des mesures sanitaires et des compétences acquises à dure peine au cours de l’année 2020.

Comparaison Suède/Tchéquie : vous argumentez que le proéminent pic de la 2e vague en Tchéquie ne s’explique que par l’absence d’immunité dans un pays qui avait réussi à échapper à la 1ère vague grâce à une stricte fermeture de ses frontières et des mesures contraignantes. Un autre aspect à considérer est peut-être la forte répugnance des tchèques à accepter un nouveau confinement après l’expérience du premier. Si les mêmes mesures qu’au printemps avaient été appliquées, y aurait-il eu une 2e vague ? Rapporté à sa population, le nombre de décès Covid de la 2e vague en Tchéquie n’est que le double de ce qu’il est en France.
Et pourquoi ne pas comparer plutôt Suède et, par exemple, Norvège ? Cette dernière n’a connu qu’un nombre très faible de décès lors de la 1ère vague, mais, à la différence de la Tchéquie, n’a pas connu de forte 2e vague. Les courbes de décès de la Suède et de la Norvège sont superposables aux incertitudes près, mais avec un bon facteur dix à l’avantage de la Norvège, en rapportant aux populations respectives. Comment feriez-vous fonctionner votre immunité collective dans le cas norvégien ?

Reconnaissons modestement que chaque pays ou chaque région française a ses spécificités, bien difficiles à démêler, et qu’il est imprudent d’essayer de tout ramener à une cause unique.

La courbe suédoise des décès montre un plateau 13-21 nov et la française un pic un peu plus marqué le 21 nov. Le nombre de nouveaux cas baisse en France depuis le 9 novembre, mais montre encore une hésitation en Allemagne et en Suède le 25 novembre, ce qui a conduit à des recommandations supplémentaires dans ces deux pays afin d’éviter un rebond de la courbe des décès. La décrue de la pandémie ne se fait pas si « naturellement » que vous l’affirmez, y compris en Suède. Des interventions gouvernementales sont bien là pour la favoriser (pour un suédois moyen, à la différence d’un français moyen, une recommandation a valeur d’obligation). Décideurs, tous incompétents et ignorants, diriez-vous ?

Votre diatribe anti-confinement se révèle à la fin pour ce qu’elle est : une préparation à la croisade véritable — ô jouissance des complotistes — celle qui sera dirigée contre la vaccination et la bête immonde, « Big Pharma ».

Merci de votre attention.

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Alain Beausire 13 décembre 2020 - 13h56

DAPEQ! MERCI, MERCI MILLE FOIS POUR VOTRE ANALYSE!! Moi qui n’ai pas cessé d’étudier les chiffres et les données, les incohérences aussi des publications souvent prématurées et des chiffres incomplets journaliers (quelle aberration!) de Santé Publique France, les données des grands centres internationaux de statistiques (basées sur les déclarations des différents pays; avec plus ou moins d’honnêteté et de fiabilité)…. Je n’i pas eu votre courage de reprendre ligne à ligne les délires de Xavier Bazin! Plus le temps passe, plus il semble dériver vers des horizons complotistes qui le perdront, comme ils ont perdu, depuis qq temps déjà, Michel Dogna, et bien d’autres!

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Alain Beausire 13 décembre 2020 - 14h24

Ne pas négliger les études dont personne ne parle, concernant la multitude de variantes du Covid-19, leur répartition dans les différents pays et les mutations au sein de chaque pays! Plusieurs sources permettent d’y voir plus clair:
https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.10.25.20219063v2.full-text
https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.04.29.069054v1.full

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lavey dominique 30 novembre 2020 - 20h03

Bonjour, votre lettre d’information m’est transmise de temps en temps par mon épouse qui savait là que je cherchais d’autres infos sur l’avancement de l’immunité collective. Elle semble donc bien avancée cette immunité d’après vos courbes présentées, elles sont valables évidemment pour le covid 19 et ses mutants probables en cours ou pas…
Pour les vaccins cela fera probablement comme pour le remdesivir, même s’il n’est pas efficace et avec des effets posts à long terme, l’opération boursière à réussie, et ce sera probablement la même pour les vaccins, c’est à

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