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Cher(e) ami(e) de la Santé,
Ma lettre sur la médecine « psychédélique » a suscité beaucoup de réactions !
Comment des champignons hallucinogènes pourraient-ils guérir des problèmes « psy » comme la dépression ?
En fait, il y a un grand malentendu.
Comme le dit le psychiatre Olivier Chambon, il faudrait éviter le terme « d’hallucinations ».
Car ces substances permettent de voir d’autres réalités en élargissant notre champ de conscience :
« C’est tout autre chose que des plantes hallucinogènes qui provoqueraient des hallucinations sans existence réelle, ou que des substances stupéfiantes, comme les amphétamines et l’alcool, qui rétrécissent la conscience.
Les substances visionnaires ou psychédéliques permettent, elles, d’éveiller et d’éclaircir la conscience »1.
À ce jour, la plus prometteuse – et la plus naturelle – est incontestablement la psilocybine.
Elle est fabriquée par plus de 200 espèces de champignons, partout dans le monde.
Grâce à l’imagerie cérébrale, on a pu observer ses effets étonnants sur le cerveau2.
Regardez l’image ci-dessous : à gauche, vous voyez les connexions d’un cerveau « normal »… et à droite, les connexions incroyables d’un cerveau sous psilocybine !

À gauche, un cerveau « normal », à droite, un cerveau sous psilocybine (Petri et al/Proceedings of the Royal Society Interface)
Le plus incroyable, c’est que cette substance ne se contente pas d’augmenter la quantité de connexions.
Elle semble aussi offrir un saut qualitatif : la psilocybine connecterait certaines régions du cerveau qui ne se parlent jamais en temps normal.
Les scientifiques parlent d’une « expansion de l’esprit », comparable à celle des rêves. On peut donc dire que la psilocybine ouvre bien de nouvelles « portes de la perception ».
Voilà qui pourrait expliquer ses effets impressionnants sur la dépression.
Enfin un remède innovant contre les dépressions graves
Une première étude fondatrice en a fait la preuve, en 20163.
12 patients atteints de dépressions graves et résistantes aux médicaments, ont reçu deux doses de psilocybine, à 7 jours d’intervalle.
Les patients n’ont eu aucun effet indésirable grave ou inattendu.
Au contraire, 7 patients sur 12 sont sortis de la dépression… alors qu’ils se débattaient avec la maladie depuis des mois et des mois !
Avec des effets durables dans le temps, confirmés après plusieurs mois.
Tout cela, avec seulement deux doses, prises sur une semaine.
« Il s’agit d’un succès sans aucun équivalent qui pourrait révolutionner le traitement de la dépression », selon Amanda Feiling, de la Fondation Beckley, qui a participé à l’étude.
Le même résultat exceptionnel a été obtenu dans une autre étude réalisée avec 20 patients4.
Après avoir pris la psilocybine, certains ont dit avoir ressenti une sorte de réinitialisation de leur cerveau…
… exactement comme le « reset » ou reboot » d’un ordinateur : lorsqu’il se bloque, il suffit parfois de le redémarrer pour que « tout redevienne à la normale ».
Selon le Professeur Robin Carhart Harris, qui a mené cette étude :
« La psilocybine pourrait donner à ces patients le coup de pouce dont ils ont besoin pour rompre avec leur état dépressif, et ces résultats d’imagerie accréditent cette analogie du ‘redémarrage’.»
Voilà ce qui en fait un remède efficace contre l’angoisse et la dépression5… y compris si vous avez un cancer.
Ces champignons fonctionnent À L’INVERSE des anti-dépresseurs
Dans une autre étude contrôlée, contre placebo, la psilocybine a diminué de 80 % les sentiments dépressifs de patients atteints d’un cancer.
Ce sont d’excellents résultats, confirmés 6 mois après la prise de psilocybine6.
Écoutez plutôt ce qu’en dit le psychiatre Charles Grob :
« Durant le traitement, nous avons observé que les patients étaient presque capables de se séparer de leur identification à la maladie et de se percevoir autrement que comme quelqu’un qui allait mourir.
Ils étaient capables de redonner un sens à leur vie et de retrouver l’identité qu’ils avaient auparavant ».7
Ces effets sont durables car ces substances semblent s’attaquer à la cause de la maladie.
C’est le contraire des anti-dépresseurs, qui se contentent souvent d’agir sur les symptômes, souvent en créant une sorte « d’indifférence émotionnelle ».
La psilocybine fonctionne à l’inverse, puisqu’elle relance la perception émotionnelle de votre cerveau.
C’est ce qu’a prouvé une étude utilisant l’imagerie cérébrale8 : la sphère du cerveau spécialisée dans les réactions émotionnelles est davantage activée chez les dépressifs ayant le plus bénéficié des effets bienfaisants de la psilocybine :
« Je me suis senti tellement plus léger, comme si quelque chose avait été libéré, c’était une purge émotionnelle, le poids, l’anxiété et la dépression étaient partis », a raconté un des participants.
« J’ai ressenti un sentiment d’acceptation : plus d’acceptation de la souffrance, de l’ennui et de la solitude », a commenté un autre patient, « une volonté d’essayer d’accepter les moments négatifs – mais aussi une nouvelle appréciation des moments merveilleux »9.
C’est ça, la vraie sortie de la dépression.
Ce n’est pas devenir indifférent à tout et se déconnecter du monde.
C’est commencer à accepter toutes les émotions, bonnes et mauvaises… et c’est ce qu’a réussi la psilocybine.
Ne vous lancez pas seul
L’espoir est grand, vous le voyez.
Et pourtant, je suis obligé de vous adresser un message de prudence.
N’essayez jamais seul des « champignons magiques ».
Car les champignons « magiques » (illégaux en France, je le rappelle) contiennent d’autre substances que la psilocybine, moins étudiées.
Ils peuvent causer de vrais « bad trip », des expériences très désagréables, voire dangereuses10.
Par contre, si vous êtes accompagné par un thérapeute ou un spécialiste, ces substances ont l’immense avantage de ne provoquer aucune addiction chimique, aucune dépendance physiologique.
L’idéal, évidemment, serait que ce traitement soit développé partout, accessible à tous.
Cela commence à venir : en Australie, les psychiatres peuvent le prescrire depuis 2023. Même chose en Oregon, aux États-Unis.
En attendant, restons connectés, et avançons ensemble vers le progrès médical, le vrai !
Bonne santé,
Xavier Bazin


