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Cher(e) ami(e) de la Santé,
Auriez-vous imaginé tomber sur un titre comme celui-ci dans Le Figaro ?

De fait, il y a une immense effervescence autour de ces « traitements ».
Il faut dire que les dernières études, publiées dans les plus grands journaux médicaux, sont à couper le souffle.
La psilocybine, une substance naturelle issue de champignons « magiques », parviendrait à guérir plus de 50 % des dépressions profondes en une seule prise1.
C’est pourquoi la FDA lui a accordé le statut de « traitement innovant » (Breakthrough therapy) dès 2019.
D’autres substances hallucinogènes ont des résultats tout aussi sidérants.
En 2017, c’est la MDMA (l’Ecstasy) qui avait bénéficié de ce statut spécial de « traitement innovant ».
Là aussi, les essais cliniques sont ultra-prometteurs : contre le stress post-traumatique, cette « drogue » semble faire des merveilles.
Selon le Dr Tzafraty, cité par le journal Sud-Ouest :
« Un an après la fin de leur traitement, on constate que 68 % des personnes ayant reçu une thérapie incluant de la MDMA n’ont plus de syndrome de stress post-traumatique ou ne sont plus définies comme souffrant de cette pathologie »2.
Et cette étude faisait suite à une autre, publiée en 2018 dans The Lancet Psychiatry, qui montrait l’intérêt de l’ecstasy chez des soldats américains revenus traumatisés du combat3.
Même la substance la plus controversée des années 1960, le « LSD », suscite désormais la passion des chercheurs :

En 2019, une étude publiée dans le Journal of Psychopharmacology avait montré que le LSD pourrait être très efficace pour guérir… l’alcoolisme4.
Selon le chercheur norvégien Paal-Oerjan Johansen : « une simple dose de LSD permettrait pendant au moins six mois de diminuer les risques de rechute des alcooliques et pourrait les conduire à une totale abstinence ».
Tout récemment, une étude publiée dans JAMA (Journal of American Medical Association) a confirmé l’efficacité d’une dose unique de LDS contre les troubles d’anxiété généralisée5.
Tenez-vous bien : quatre mois après avoir pris une dose de 100 μg de LDS, la moitié des patients anxieux étaient en rémission totale, contre 20 % seulement dans le groupe placebo.
Cerise sur le gâteau, ces substances « psychédéliques » n’ont aucun effet indésirable sérieux, lorsqu’elles sont administrées dans un cadre médical (j’insiste sur cette précision).
Tout cela paraît-il révolutionnaire ? Trop beau pour être vrai ?
En réalité, cette percée thérapeutique a déjà été établie il y a plus de 60 ans !
Ils ont étouffé les découvertes et interdit les recherches
C’est la découverte hallucinante (sans jeu de mots) que j’ai faite personnellement en lisant le livre The New Science of Psychedelics, de Michael Pollan.
Oui, des scientifiques ont établi depuis 50 ans que la psilocybine et le LSD sont beaucoup plus efficaces que les médicaments actuels contre la dépression, l’anxiété, l’alcoolisme et d’autres troubles mentaux.
C’est ce qu’ont montré des centaines d’études hyper prometteuses, publiées dans les années 1950-1960.
Puis, tout à coup, ces recherches ont été interdites… et ensuite, plus rien.
Entre 1970 et 2000, c’est un énorme « trou noir ».
Depuis 50 ans, aucun psychiatre n’a appris en Faculté de Médecine que ces substances sont potentiellement révolutionnaires.
Tout ce qu’ils ont appris à faire, c’est prescrire des molécules chimiques (anxiolytiques, antidépresseurs…) peu efficaces et bourrées d’effets indésirables graves.
Il faut dire que ces médicaments-là sont beaucoup plus rentables pour l’industrie pharmaceutique.
Car vous ne pouvez pas breveter la psilocybine (une substance naturelle), et les brevets sur le LSD et la MDMA sont levés depuis longtemps.
En plus, il suffit d’une seule prise de ces substances pour une efficacité de 6 mois environ… alors que les antidépresseurs doivent être pris tous les jours, parfois à vie !
Bref, l’interdiction des remèdes psychédéliques a clairement enrichi l’industrie pharmaceutique.
Et pourtant, ce n’est PAS Big Pharma qui est responsable de cette interdiction.
Le vrai coupable semble être le gouvernement américain, terrorisé par un autre effet de ces substances.
Lequel ? C’est fascinant, vous allez voir :
L’effet psychédélique : spiritualité et anti-matérialisme
Dans les années 1950-1960, beaucoup de chercheurs s’intéressaient uniquement aux effets thérapeutiques des substances psychédéliques.
Ce qu’ils voulaient, c’était guérir l’alcoolisme, la dépression et autres « maux de l’âme », un point c’est tout.
Mais parmi les grands pionniers, nombreux sont ceux qui voulaient aller beaucoup plus loin.
Ce qui les intéressait, c’était changer la société, en profondeur.
Car ces substances peuvent AUSSI avoir de puissants effets psychologiques… chez les bien-portants.
Prenez l’acteur Cary Grant, qui a suivi plus de 60 sessions de psychothérapie « facilitées par du LSD » à la fin des années 1950.
Non seulement il a déclaré être devenu un « homme heureux », mais il a arrêté totalement sa carrière d’acteur, peu après, en 1962.
Se pourrait-il que ces substances puissent pousser à ralentir sa vie, à profiter de chaque instant et à stopper l’accumulation à tout prix ?
Le chimiste suisse qui a découvert le LSD en 1938, Albert Hoffman, en était convaincu.
Pour lui, cette molécule offrait à la civilisation « non seulement un potentiel thérapeutique, mais un baume spirituel face à une société matérialiste, industrialisée et appauvrie spirituellement, qui a perdu sa connexion à la nature ».
Une chose est sûre : dans les années 1960, ces substances ont été fortement associées à la contre-culture hippie : pacifique, anti-matérialiste, spiritualiste.
L’un des « gourous » de cette époque était Timothy Leary, professeur à Harvard.
C’est lui qui a introduit dans cette prestigieuse université le « Harvard Psilocybin project », un programme de recherches scientifiques sur ces substances.
Et c’est lui qui s’est transformé en héros médiatique, encourageant la jeunesse entière du pays à essayer ces substances révolutionnaires.
Résultat : le président Richard Nixon a déclaré que Timothy Leary était « l’homme le plus dangereux d’Amérique ».
Et c’est le même Nixon qui a fait stopper toutes les recherches scientifiques sur ces substances.
Il avait compris que leurs effets ne cadraient pas vraiment avec la société capitaliste de l’époque, en pleine guerre froide.
Une menace pour la société ou au contraire, la clef de la « vérité » ?
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces substances donnent souvent le sentiment (à tort ou à raison) d’accéder à LA réalité ou « réalité ultime ».
Vous ne les vivez pas comme un « rêve » ou une « hallucination » que vous pouvez vous empresser d’oublier.
Beaucoup de gens en sortent avec la certitude d’avoir découvert LA vérité profonde sur le monde.
Ce qui revient souvent, c’est la sensation de dissolution du moi : le « je » n’existe plus, il se fond dans la nature et l’univers, avec un sentiment d’unité profond et bienfaisant.
Écoutez le récit du psychothérapeute John Hayes, l’un des volontaires de la première étude de l’Université John Hopkins sur les effets de la psilocybine :
« J’ai eu l’impression que des mystères étaient dévoilés, et pourtant le sentiment que tout était familier, comme si on me rappelait des choses que je savais déjà.
J’ai eu la sensation d’une initiation dans des dimensions de l’existence auxquelles la plupart des gens n’accèdent jamais, notamment le sentiment précis que la mort est illusoire, en ce sens qu’il s’agit d’attendre un autre aspect de notre existence, que nous sommes issus d’une éternité que nous allons rejoindre. »
C’est certainement ce type de sensation qui a « fait effet », selon une étude médicale récente, sur des patients anxieux en phase terminale de cancer6 : c’est parce qu’ils ont retrouvé du sens et de la spiritualité qu’ils ont pu envisager la mort avec calme et sérénité.
D’ailleurs, plus l’expérience est vécue comme « mystique », plus l’effet thérapeutique de ces substances est puissant !
Ceux qui parviennent à changer leurs addictions, surmonter leur anxiété ou leur dépression sont ceux qui ont eu la sensation la plus nette de vivre une expérience spirituelle profonde.
Voyez plutôt l’expérience de l’écrivain Raphael Petersen, raconté dans un article titré « Prendre des champignons contre ma dépression m’a guéri de mon athéisme7 » :
« Au pic de mon expérience, mon sentiment de « soi » s’est dissout et je me suis unifié avec une force permanente qui pénètre toute l’existence – quelque chose qui semblait conscient, vaste, bienveillant, éternel, en paix et incroyablement important.
Lorsque je me suis assis sur le canapé, six heures plus tard, couvert de larmes, j’ai eu du mal à mettre des mots sur une rencontre qui semblait plus réelle que la réalité de tous les jours ».
Le plus grand spécialiste au monde des champignons, Paul Stamets, est convaincu que ces champignons « magiques » ont une intelligence particulière.
Ils seraient là pour faire passer un message aux êtres humains, pour leur faire saisir l’unité et l’interconnexion de toute matière et de toute vie.
Vous pensez peut-être que ces chercheurs se sont un peu égarés. Et en effet, on est loin du rationalisme de la pensée occidentale moderne.
Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver cette hypothèse absolument fascinante.
Bonne santé,
Xavier Bazin


